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Alors que les défis liés aux déchets électroniques et à la consommation non durable des ressources s'intensifient, l'adoption des principes de l'économie circulaire offre aux organisations IT une voie viable pour réduire leur impact environnemental, gagner en efficacité opérationnelle et améliorer leur rentabilité.

L'économie circulaire est un modèle économique qui vise à réduire les déchets et à tirer le meilleur parti des ressources par la réutilisation et le recyclage. Ce concept retrouve toute sa pertinence ces dernières années, à mesure que s'aggravent les effets du changement climatique, de la pollution des océans et de la mise au rebut incontrôlée.
De nombreuses entreprises font désormais de la durabilité un objectif central de leur responsabilité sociale d'entreprise (RSE). Selon le Stanford Social Innovation Review, plus de 90 % des PDG affirment que la durabilité est essentielle au succès de leur entreprise. 98 % des entreprises du classement S&P 500 ont publié un rapport sur la durabilité en 2022, contre seulement 20 % en 2011, selon l'étude Sustainability Reporting in Focus 2023 du Governance & Accountability Institute.
Ce problème est particulièrement pertinent pour les dirigeants IT, dont les entreprises sont de grands consommateurs d'électricité et une source croissante de déchets dangereux. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, les déchets électroniques créés par la destruction des équipements en fin de vie tels que les ordinateurs, les serveurs, les smartphones et les imprimantes constituent le flux de déchets solides dont la croissance est la plus rapide au monde. Et la situation continue de s'aggraver. Plus de 61 millions de tonnes d'appareils électroniques ont été mises au rebut en 2023, et ce total annuel devrait s'élever à près de 75 millions de tonnes d'ici 2030. Moins de 18 % sont actuellement recyclés.
Les déchets électroniques constituent un problème à deux niveaux. Sur le plan environnemental, il s'agit d'une véritable bombe à retardement. Les actifs IT contiennent des substances dangereuses telles que le mercure, le plomb, l'arsenic, le béryllium et le cadmium, qui peuvent se répandre dans l'environnement s'ils sont éliminés de manière inappropriée. Les métaux lourds polluent le sol et les eaux souterraines, ce qui crée des risques pour la santé humaine et la faune, et leur dépollution est difficile. De nouvelles réglementations se multiplient dans l'Union européenne, en Chine, en Inde et dans certaines régions des États-Unis, avec de lourdes sanctions à la clé pour toute mise au rebut sauvage d'équipements électroniques.
Il existe également des risques en matière de confidentialité et de sécurité des données. Les appareils mis au rebut ou recyclés contiennent souvent des données sensibles telles que des informations personnelles identifiables et des éléments de propriété intellectuelle. Un audit Kaspersky de 2021 sur les appareils d'occasion au Royaume-Uni a révélé que 90 % d'entre eux contenaient des traces de données privées et commerciales, et que 74 % d'entre eux contenaient des données récupérables à l'aide d'outils spéciaux. Cela a confirmé une expérience menée en 2019 par l'université du Hertfordshire, qui révélait que plus des deux tiers des clés USB d'occasion vendues sur eBay comprenaient des données sensibles. Sans effacement préalable des données sur les appareils mis au rebut, l'entreprise s'expose à de lourdes sanctions financières et à une atteinte à la réputation dont les conséquences peuvent peser pendant des années.
Le modèle linéaire « extraire-fabriquer-jeter » est un vestige d'une époque où les ressources et l'énergie semblaient inépuisables, et où l'on appliquait au rebut la logique du « loin des yeux, loin du cœur ». Cette mentalité était devenue si profondément ancrée au XXe siècle que le magazine Life célébrait en 1955 les vertus de la « vie jetable ». Ce modèle doit évoluer, alors que les impacts environnementaux et sociétaux d'une consommation d'énergie excessive et d'une mise au rebut incontrôlée deviennent chaque année plus difficiles à ignorer.
L'économie circulaire émergente cherche à maintenir les ressources en service aussi longtemps que possible, à en tirer le maximum pendant l'utilisation, ainsi qu'à récupérer et à réutiliser les produits et matériaux en fin de vie. Pour la gestion des actifs IT, le but est donc de réutiliser, de reconditionner, de refabriquer et de recycler les actifs afin de minimiser les déchets et la consommation de ressources.
Le modèle de l'économie circulaire vise à redonner une nouvelle vie à ce qui est usagé. En cycle fermé, il permet de réduire les dépenses d'investissement, d'améliorer l'efficacité des ressources et de réduire les risques, car les ressources sont conservées au sein d'un système géré.
Plus important encore pour les dirigeants d'entreprises : sur le plan économique, la circularité l'emporte sur la linéarité. Cela permet d'éviter à la fois les coûts liés à la destruction des équipements en fin de vie et ceux liés à l'achat de nouveaux matériels. Les organisations peuvent aussi réduire leur coût total de possession (TCO) grâce à la remise sur le marché des équipements et composants en fin de vie qui seraient sinon mis au rebut. Le chiffre d'affaires généré par les transactions de l'économie circulaire devrait plus que doubler et passer ainsi de 339 milliards de dollars en 2022 à près de 713 milliards de dollars en 2026. En plus des avantages économiques de l'allongement des cycles de vie des actifs et de la revente, une approche circulaire de la gestion des actifs IT peut réduire les émissions de gaz à effet de serre, générer moins de déchets électroniques et diminuer les coûts de fabrication.
Plusieurs facteurs ont contribué à la popularité croissante des principes de circularité dans la gestion des actifs IT :
Préoccupations environnementales : l'impact environnemental des déchets électroniques et l'impact négatif des substances dangereuses sur l'environnement et la santé humaine sont de plus en plus reconnus. Le modèle circulaire réduit les déchets électroniques grâce à la récupération des matériaux des équipements existants, au lieu d'en fabriquer ou d'en extraire. Il optimise la réutilisation des équipements existants et favorise la récupération des matériaux des actifs mis hors service. Si un équipement ne peut pas être réutilisée pour quelque raison que ce soit, elle peut être démontée en pièces réutilisables.
Extraction des ressources : à mesure que la demande en équipements IT augmente (à l'échelle mondiale, une personne utilise désormais en moyenne 3,6 appareils connectés ; ce chiffre s'élève à 13,4 en Amérique du Nord, un chiffre impressionnant), la demande en matières premières nécessaires à leur fabrication augmente également. Le modèle circulaire permet d'économiser une partie des 100 milliards de tonnes de matières premières extraites de la Terre chaque année.
Avancées technologiques : les innovations en matière de reconditionnement, de recyclage et de récupération des matériaux ont rendu le modèle circulaire plus pratique et ont réduit les obstacles à l'adoption de ces pratiques. De nombreuses entreprises ont développé des modèles rentables basés sur le recyclage de l'électronique.
La pression réglementaire : les gouvernements et les organismes de réglementation du monde entier mettent en œuvre des politiques visant à réduire les déchets électroniques et à promouvoir la durabilité. Les entreprises n'ont ainsi quasiment pas d'autre choix que d'adopter des pratiques plus circulaires. Par exemple, la nouvelle proposition de l'Union européenne sur le droit à la réparation vise à promouvoir une plus grande durabilité de la consommation en simplifiant le processus de réparation des produits défectueux, en réduisant les déchets et en soutenant le secteur de la réparation. La proposition de règlement Digital Product Passport de l'UE exigerait que les fournisseurs de matériel soient plus transparents sur les matières premières et accélèrent les efforts de circularité. La France a introduit un indice de réparabilité pour les produits électroniques, qui cherche à améliorer leur durée de vie. Il encourage les fabricants à privilégier la réparabilité dès la conception et informe les consommateurs sur les options de réparation au moment de l'achat.
Contrairement à beaucoup d'initiatives environnementales souvent perçues comme un compromis, la réduction des déchets électroniques apporte un double bénéfice : économique et écologique. Les meilleures pratiques permettent d'économiser des matériaux et de réduire les coûts de gestion des déchets, de créer de nouvelles opportunités commerciales en matière de reconditionnement et de recyclage, et d'améliorer la réputation de la marque grâce à une démarche RSE proactive.
L'écologie est bonne pour les affaires. La société de conseil en gestion McKinsey affirme que les clients sont prêts à payer en moyenne 5 % de plus pour des produits « verts » et estime que la réduction des coûts des ressources peut améliorer les bénéfices d'exploitation jusqu'à 60 %. 87 % des consommateurs américains déclarent préférer acheter des produits qui présentent des avantages sociaux et environnementaux. Ernst & Young a constaté que les entreprises durables enregistrent des bénéfices bruts supérieurs par rapport à 73 % de leurs homologues moins durables.
Malgré l'acceptation généralisée de la nécessité pour les entreprises de devenir plus durables, les organisations IT sont généralement à la traîne dans l'adoption des principes circulaires. Un rapport de Capgemini de 2021 a révélé que 89 % des entreprises recyclent moins de 10 % de leur matériel IT, que 57 % des responsables technologiques ne connaissent pas l'empreinte carbone IT de leur entreprise, et que près de la moitié des entreprises ne disposent pas des outils ou de l'expertise nécessaires pour adopter et déployer des solutions IT circulaires.
Les dirigeants IT subissent une forte pression pour démontrer leurs progrès dans la réalisation des objectifs de responsabilité sociale des entreprises (RSE). Outre le problème des déchets électroniques, les centres de données consomment environ 1 % de l'électricité dans le monde et 2 % aux États-Unis, ce qui en fait des sources importantes d'émissions de carbone. Le ministère américain de l'énergie estime qu'un centre de données type consomme 10 à 50 fois plus d'énergie par mètre carré qu'un immeuble de bureaux. Les centres de données et les installations de production d'énergie sont également de grands consommateurs d'eau, une ressource qui est devenue de plus en plus précieuse en raison des sécheresses liées au changement climatique.
L'environnement actuel des organisations IT freine leur transition vers des pratiques plus responsables sur le plan environnemental.
La transition vers des pratiques plus responsables ne doit pas reposer uniquement sur les épaules du service IT en interne. Avec des partenaires mobilisés à chaque étape du processus, de l'approvisionnement à l'utilisation puis à la mise hors service, les organisations IT peuvent accélérer leurs pratiques écoresponsables, réduire leurs coûts et récupérer la valeur d'équipements sinon mis au rebut. Pour comprendre comment y parvenir, commencez par explorer la chaîne de valeur du cycle de vie des actifs dans l'économie circulaire.

La chaîne d'approvisionnement des actifs IT englobe toutes les étapes, de l'extraction des matières premières à l'utilisation des produits finis. À cette chaîne d'approvisionnement correspond une chaîne de valeur circulaire en six étapes, qui s'enchaînent progressivement : raffinage des matériaux, assemblage des composants, achat des équipements, déploiement, puis, en bout de cycle, réutilisation ou mise hors service. Chaque étape offre l'occasion d'appliquer des pratiques et des leviers qui soutiennent l'économie circulaire et apportent à la fois des bénéfices opérationnels et environnementaux.
Les équipements trop anciens pour être utilisés au travail peuvent être redéployés pour des utilisations moins intensives, comme des serveurs d'impression ou des pare-feu réseau. Lorsque la réutilisation interne n'est pas envisageable, les associations caritatives acceptent souvent les dons d'équipements plus anciens, dès lors que les données ont été effacées de manière sécurisée. Certaines entreprises offrent même des appareils en fin de vie aux employés à un tarif réduit, qu'ils peuvent utiliser en tant que serveurs de fichiers, lecteurs multimédia, dispositifs de sauvegarde et DVR. Dans tous les cas, l'élimination ne doit être envisagée qu'en dernier recours.
Lorsque toutes les options de réutilisation et de reconditionnement sont épuisées, les équipements en fin de vie doivent être mis au rebut de manière responsable, sécurisée et respectueuse de l'environnement. Les entreprises spécialisées dans la gestion de fin de vie des actifs IT (ITAD) peuvent valoriser au mieux des équipements même anciens, grâce à la remise sur le marché de leurs composants et à la récupération des métaux précieux. Ces entreprises garantissent également le respect des bonnes pratiques en matière de responsabilité environnementale et de sécurité des données. Un certificat de destruction (COD) clôture la fin du processus et fournit une piste d'audit aux organismes de réglementation et aux auditeurs.
Quelques principes fondamentaux devraient guider les organisations IT pour aborder les enjeux environnementaux :
La meilleure façon d'éviter de contribuer au problème des déchets électroniques est de tirer le meilleur parti de ce que vous possédez déjà. La gestion active des actifs optimise les ressources existantes et réduit le besoin d'acheter de nouveaux équipements. De nombreuses applications gourmandes en ressources informatiques peuvent être déplacées hors des postes de travail et des serveurs locaux et s'exécuter plus efficacement dans le cloud. Les anciens PC peuvent continuer à fonctionner comme clients légers, tandis que l'essentiel du traitement s'effectue dans des centres de données hyperscale, efficients et écoresponsables. Les fournisseurs de services cloud bénéficient d'économies d'échelle et d'une infrastructure partagée qui les rendent plus efficaces que les centres de données locaux pour le traitement des données. Ils ont tous mis en place des programmes ambitieux pour réduire la consommation d'énergie et les émissions de carbone.
Le cloud computing a réduit le besoin d'ordinateurs de bureau puissants. L'infrastructure de bureaux virtuels en est un exemple. Elle offre une expérience Windows ou Mac complète et personnalisée, du cloud aux clients légers sur le bureau. Les performances sont comparables, voire supérieures, à celles des PC dédiés. La sécurité est renforcée, car il n'est pas nécessaire de stocker des données localement et aucun virus ne risque d'infecter les terminaux. Les besoins en énergie sont considérablement réduits. Les mises à jour et les correctifs sont appliqués de manière centralisée et distribués automatiquement à tous les utilisateurs, ce qui permet aux administrateurs IT de ne plus avoir à gérer cette tâche.
Un principe essentiel de la circularité consiste à réduire les mouvements le long de la chaîne de valeur. Les avantages de la circularité se concrétisent en aval de la chaîne d'approvisionnement des actifs IT (utilisation et configuration/déploiement), car ces étapes exigent le moins d'efforts pour prolonger la durée de vie des équipements existants et les réutiliser. Le retraitement et la remise à neuf génèrent des coûts de transport et de main-d'œuvre qui peuvent être évités si les dispositifs peuvent être conservés dans les installations de l'entreprise ou dans la zone immédiate. Si des services de recyclage et de remise sur le marché sont nécessaires, faites appel à un fournisseur unique capable d'assurer une chaîne de traçabilité sécurisée. Cette approche permet de garantir la sécurité des données, de respecter les bonnes pratiques environnementales et de maximiser la valeur de vos actifs grâce au recyclage et à la remise sur le marché.
La gestion de fin de vie des équipements IT et des supports électroniques contenant des données présente le risque le plus élevé de fuite de données sensibles. Toutes les données de ces actifs doivent être détruites et un certificat de destruction des données doit être fourni. Les spécialistes ITAD disposent de logiciels capables d'effacer les données sur de très grands volumes de machines, ce qui permet de gagner du temps et de fournir une documentation attestant de la destruction des données, conformément aux exigences et aux obligations en vigueur. Ces spécialistes ont également accès à des équipements de destruction spécialisés, tels que des destructeurs de disques durs, qui détruisent ces disques en minuscules particules ensuite retraitées et réutilisées dans les filières de recyclage. La démagnétisation est une autre méthode fiable pour la destruction des données.
La détection des actifs pour la gestion des actifs IT (ITAM) peut scanner le réseau de l'entreprise afin d'identifier tous les appareils et logiciels connectés. Cela peut inclure les serveurs, les stations de travail, les ordinateurs portables, les appareils mobiles, tout matériel connecté au réseau, ainsi que les applications logicielles et les systèmes d'exploitation installés. Des informations détaillées peuvent être collectées sur chaque actif, comme la marque, le modèle, le numéro de série, les spécifications, les logiciels installés et les paramètres de configuration.
Selon une étude de Gartner, environ 30 % du matériel informatique est manquant, perdu ou « fantôme » à un moment de son cycle de vie. Cela contribue à l'excès de déchets électroniques, aux pertes financières, aux amendes pour infraction environnementale et aux vulnérabilités en matière de sécurité.
Le suivi des actifs contribue à la responsabilité environnementale en limitant l'achat de nouveaux équipements destinés à remplacer ceux qui ont été perdus ou égarés. Le suivi des actifs renforce aussi les pratiques de sécurité des données : les équipements perdus ou volés ne peuvent plus servir à accéder aux réseaux de l'entreprise.
La transition vers une économie circulaire au sein des organisations IT est à la fois écoresponsable et bénéfique pour l'activité. Alors que les défis liés aux déchets électroniques et à la consommation non durable des ressources s'intensifient, l'adoption des principes de l'économie circulaire offre une voie viable pour permettre aux organisations IT d'atténuer les impacts environnementaux et d'améliorer en parallèle leur efficacité opérationnelle, ainsi que leur réputation de marque.
La durabilité est de plus en plus reconnue comme une composante essentielle de la réussite de l'entreprise, comme en témoigne l'engagement croissant des PDG et la publication généralisée de rapports sur la durabilité. Le parcours est compliqué par plusieurs facteurs, notamment le rythme rapide de l'obsolescence technologique, la complexité des chaînes d'approvisionnement mondiales et la nécessité d'un changement culturel et organisationnel. Malgré ces défis, les avantages potentiels sont immenses. Ils promettent des réductions significatives des déchets électroniques, des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation d'énergie, ainsi que des avantages économiques grâce à des économies de coûts, de nouvelles opportunités commerciales et une image de marque renforcée.
En adoptant l'économie circulaire, les organisations IT peuvent jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'un avenir plus durable, résilient et prospère, ce qui souligne l'importance cruciale de la technologie dans la résolution des défis environnementaux urgents auxquels nous sommes tous confrontés.
Gartner, Best Practices for Device Sustainability in End-User Computing, Autumn Stanish, Annette Zimmermann, Katja Rudd, Stuart Downes ; 13 mars 2024
GARTNER est une marque déposée et une marque de service de Gartner, Inc. et/ou de ses filiales aux États-Unis et dans le monde entier et est utilisée dans le présent document avec autorisation. Tous droits réservés.
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